Témoignage

2018-05-13 Stage initiateur randonnée montagne

Le 13/05/2018 par Serge Deprez

Ce sont treize stagiaires dont cinq ayant fait le déplacement depuis les Ardennes, la Région Parisienne ou la Haute-Savoie qui se sont retrouvés au chalet de montagne des Tuffes durant ce week-end de l’Ascension pour suivre la formation Initiateur Randonnée Montagne proposée par le Comité Régional Bourgogne Franche-Comté de la FFCAM. 

Une fois les présentations mutuelles d’usage faites, le vice-président à la formation et aux activités du Comité Régional, Daniel Buffet, qui a assuré l’administration du stage, nous quitte pour nous laisser entre les mains de nos formateurs, Bruno Cattenoz Accompagnateur Moyenne Montagne et Robert Bettinelli Instructeur Randonnée Montagne, tous deux adhérents au CAF du Haut-Doubs. 

Pour débuter quelques consignes d’ordre général et mises en garde sont données notamment concernant les maladies transmises de l’animal à l’homme telles l’échinococcose, la maladie de Lyme ou la leptospirose. Ensuite nous consacrons l’essentiel de cette première journée à la préparation sur la base de fonds de cartes suisses des quatre randonnées que nous devrons effectuer. La première est prévue de nuit le soir même aux environs du Gros Crétet dans la forêt du Risoux, celle du lendemain au départ de la Givrine qui doit nous amener à la cabane CAS de Rochefort en passant auparavant par celle du Carroz, la troisième dans le secteur de la Dôle et la dernière en direction du Crêt Pela à partir du lac de Lamoura. Pour chacune d’elles nous devons trouver le cheminement le mieux adapté en situant les passages clés, en repérant les difficultés éventuelles et en estimer la durée en tenant compte de la distance et du dénivelé.

Le repas terminé nous nous rendons en voiture au point de départ de notre première escapade pendant laquelle nous serons confrontés à tour de rôle aux difficultés de l’orientation de nuit en forêt. Arrivés sur le site désiré, en l’occurrence une grande carrière, Bruno nous divise en deux groupes comme il le fera au départ de chaque randonnée. De manière à créer un écart entre les deux groupes le deuxième fait un aller et retour au fort du Risoux tandis que le premier auquel j’appartiens commence la randonnée en direction de Roche Blanche sous la conduite de Daniel. Puis nous nous relayons en tête du groupe usant de la boussole et de l’altimètre pour nous repérer au mieux sur la carte et sur le terrain sous le faisceau de nos frontales. Quelques chemins inexistants sur la carte nous font hésiter mais c’est sans trop de difficultés que vers minuit nous retrouvons le second groupe sur le parking où nous faisons un rapide débriefing avant de regagner le chalet pour un repos bien mérité.

Le vendredi nous partons de la Givrine pour une randonnée d’une quinzaine de kilomètres avec 400 mètres de dénivelé avec pour objectif de revoir et de mettre en application quelques techniques de progression et d’orientation tout en s’intéressant à la flore du massif. Nous laissons le groupe à Bruno s’éloigner quelques instants tandis qu'Irène désignée par Robert comme premier leader nous donnent quelques consignes et en particulier celle d’avertir le serre-file qu’elle a nommé lorsque l’un de nous doit s’arrêter ou s’écarter du groupe quelle qu’en soit la raison. Après quelques minutes de marche ponctuées par un exercice de tangente à la courbe, Olivier prend la direction des opérations pour nous conduire à la glacière de la Genolière : ce sont deux effondrements dans le sol au fond desquels persiste durant toute l’année une couche de glace. De là il nous fait traverser la forêt en suivant l’azimut qu’il nous a donné pour rejoindre le sentier qui doit nous amener à la cabane du Carroz. De manière à évaluer la distance que nous parcourons à vue dans la forêt il nous demande de compter les doubles pas que nous effectuons – technique qu’il a utilisée au cours de sa carrière militaire – sachant que 100 mètres correspondent à environ 60 doubles pas. Arrivés sur le sentier nous faisons une pause tout en repérant les essences qui nous entourent : jeunes hêtres et bouleaux, nombreux épicéas et quelques sapins. Nous arrivons sans encombres sur le promontoire où est bâtie la cabane du Carroz duquel nous pouvons distinguer malgré quelques nuages bourgeonnants plusieurs sommets caractéristiques des Alpes dont les Dents du Midi. La suite de notre progression consiste à traverser à vue le Bois du Carroz pour nous rendre à notre point de rendez-vous avec le premier groupe, la ferme d’alpage du Vermeilley, pour y manger notre casse-croûte. Daniel va nous y conduire usant de sa boussole et de repères caractéristiques dans la forêt : un arbre, un névé ou une clairière. Quelques végétaux sont identifiés lors de notre passage dont un remarquable bois joli en fleur. Bien repus nous repartons sous la conduite de Jacqueline pour rejoindre la cabane Rochefort en passant par la Combe Froide aux environs de laquelle Robert demande d’atteindre une doline caractéristique surmontée d’une barre rocheuse puis en enchainant par la Combe à Bernard qui débouche sur un pâturage non loin de la cabane. Après un crochet par la cabane où nous avons un point de vue remarquable sur le lac Léman et le massif du Chablais nous redescendons vers notre point de départ par un large chemin forestier le long duquel Fabrice repère une belle morille noire. Un débriefing autour d’une bière bien appréciée puis une douche vont clore cette deuxième journée bien remplie.

Samedi c’est une randonnée avec un peu plus de dénivelé que la précédente qui nous attend au cours de laquelle nous abordons les thèmes de la sécurité et des secours. Toujours divisés en deux groupes nous partons directement du chalet pour franchir la frontière franco-suisse au niveau de la borne 228 puis direction le Kikajon en passant par le chalet suisse La Pile Dessus – il existe quelques centaines de mètres à côté le chalet français du même nom géré par le CAF de Chalon sur Saône – puis une zone marécageuse caractéristique. La traversée du bois du Kikajon jusqu’au bois de Couvaloup parsemée de microreliefs perturbants donne un peu de fil à retordre à Olivier puis à Anne-Lise : pas facile de se concentrer lorsque le restant du groupe se sent obligé de donner son avis « on est là, non c’est plutôt ici, j’irai à gauche et ainsi de suite… ». Du bois de Couvaloup nous devons ensuite monter quelque 200 mètres pour retrouver l’autre groupe au chalet des Apprentis quand à quelques encablures du point de rendez-vous prévu notre formateur Bruno s’écroule dans une portion raide victime d’un malaise cardiaque. Olivier le serre-file du moment se précipite vers lui mais il soupçonne rapidement une simulation vite confirmée par Bruno : à nous maintenant de nous organiser pour s’enquérir de l’état de la victime, faire appel aux secours selon une procédure type, préparer une zone d’atterrissage pour un hélicoptère et faciliter son approche en mimant les signes conventionnels. Constat : c’est vite la pagaille !!! Au chalet nous retrouvons le groupe à Robert où nous nous accordons une petite heure de pause avant de repartir en début d’après-midi en direction du Col de Porte situé sur la crête sommitale de la Dôle. C’est une zone d’éboulis assez escarpée, terrain idéal pour apprendre à poser et à utiliser une main courante : deux ateliers nous permettent chacun son tour sous l’œil bienveillant de Bruno ou de Robert de dérouler une corde et de la tendre suffisamment entre deux arbres pour permettre le passage en toute quiétude d’un randonneur en difficulté. Les exercices terminés nous nous dirigeons, les deux groupes réunis, vers le sommet de la Dôle d’où nous pouvons apercevoir Genève, son jet d’eau sur le lac et plus loin le Salève mais malheureusement pas le Mont-Blanc masqué par des nuages orageux qui se font menaçants. Nous entreprenons sans tarder la descente en direction du chalet des Tuffes quand soudain Robert va chuter en simulant une entorse au genou : c’est au tour des membres de son groupe d’organiser les secours et son évacuation. De retour au chalet c’est le débriefing traditionnel autour de la bière suivi d’une douche puis sur l’initiative d'Emmanuelle, chacun ayant pensé à apporter une bouteille ou de quoi grignoter, d'un apéritif sous les sapins auquel nous invitons Tristan le gardien du chalet et Annie une charmante douairière bordelaise qui passe quelques jours dans la région en guise d’entraînement avant une virée dans l’Atlas Marocain, à y participer. Quelques verres et quelques chansons plus tard nous nous retrouvons autour des tables de la salle commune pour déguster la délicieuse tartiflette préparée avec soin par Tristan et arrosée par le vin du Jura offert par Annie.

Dimanche, changement de temps radical : c’est une pluie torrentielle sous une température extérieure de 5 °C qui contraint nos organisateurs à modifier le programme de la journée. Nous n’allons pas nous balader du côté du Crêt Pela et nous restons à l’intérieur du chalet pour faire dans la matinée des exercices sur le nivellement, discuter des problèmes inhérents à l’organisation d’une randonnée, du rôle de l’organisateur et des limites de ses responsabilités. Après le casse-croûte de midi nous sommes sollicités par nos formateurs dans le cadre du débriefing du stage puis les dernières formalités administratives accomplies le verdict final tombe : ouf ! pas de recalé.

Merci à Daniel pour son travail dans l’ombre, à Bruno et Robert pour leur patience et leurs compétences, à Tristan pour son accueil et à vous toutes et tous, les stagiaires, qui ont permis que ce stage se déroule sans anicroches et toujours dans la bonne humeur. 

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