Témoignage

2019-08-03 Carton plein à la Bérarde

Le 03/08/2019 par Serge Deprez

A l’aube de ce samedi 20 Juillet nous partons de Morteau avec Julie, en route pour la Bérarde que nous atteignons vers 11h00. Les formalités d’inscription au camping effectuées, nous installons notre tente sur l’un des nombreux emplacements réservés pour le camp d’été du Comité Régional Bourgogne-Franche-Comté puis après un rapide casse-croûte, prenons la direction de la Grande Rochaille pour une première prise de contact avec le granite du massif des Ecrins. Nous nous engageons dans une voie de 3 longueurs nommée La Voie des Pins ou Voie du Gros Bubu et c’est l’occasion pour Julie de s’initier à l’enchainement de plusieurs longueurs ainsi qu’à la descente en rappel. De retour au camping en fin d’après-midi, nous croisons Claire et Olivier du CAF de Besançon qui sont là depuis 2 jours, ayant déjà à leur actif la via ferrata de Saint-Christophe ainsi qu’une randonnée à la Tête de La Maye, le sommet dominant, avec l’Aiguille de La Bérarde, directement le camping. Anthony le président du CAF de Vesoul et Quentin des Vosges Saônoises sont arrivés la veille et ont installé le vite-abri du CD70, bien pratique pour se retrouver en soirée à partager repas et boissons. Fabienne et Jean-Marie de Varappe et Montagne arrivent également, Jean-Marie ayant profité de son passage à Bourg-d’Oisans pour, dans la journée, gravir à vélo les pentes de l’Alpe d’Huez, histoire de dégourdir ses jambes de quelque 72 printemps. Claudie qui a covoituré avec Jean-Christophe, tous deux du CAF de Belfort, a aussi monté sa tente à proximité de la nôtre, tandis que Jean-Christophe choisit de loger dans le chalet du Centre Alpin de la FFCAM. Un peu plus tard nous voyons arriver Charlotte de Morteau et Bruno-Xavier, un électron-libre du CAF de Dijon, déjà présent lors du camp d’été de 2018 en Suisse Centrale.

Le lendemain, alors que Claire et Olivier décident de faire un aller et retour au refuge de la Pilatte, nous sommes 8, à gravir par un sentier escarpé et parfois sécurisé par un câble, la Tête de la Maye qui culmine à 2518 m. Arrivés au sommet un beau 360° s’offrent à nous avec entre autres, la Meije au Nord, la Barre des Ecrins à l’Est, l’Ailefroide au Sud-Est, les Bans et le Mont Giobernay au Sud, la Tête des Fétoules au Sud-Ouest et le massif du Soreiller à l’Ouest. La descente se fait rapidement et nous arrivons suffisamment tôt devant l’office du tourisme pour profiter de l’apéro offert à l’occasion de la fête des guides de la vallée du Vénéon. De retour au camping, je propose après le repas de midi de retourner à la Grande Rochaille : seule Claudie m’accompagne et nous allons parcourir en réversible une voie de 4 longueurs appelée Une Histoire sans Fin. Une Histoire sans Fin effectivement, car lors du premier rappel l’une des cordes se coince ce qui m’oblige à remonter d’une dizaine de mètres pour la libérer. A l’heure de l’apéro de nouveaux arrivants apparaissent : Aurore et Anne-Laure des Vosges Saônoises ainsi que Caroline, Pascal et Christian du club de Lons le Saunier. Entre 2 bières c’est le moment de mettre en place le programme de la journée suivante.

Au programme de ce lundi un projet de randonnée au col du Clot des Cavales proposée par Jean-Marie. Claire, Caroline, Anne-Laure, Quentin et Jean-Christophe se joignent à lui mais c’est finalement la direction du refuge du Promontoire, au pied du Grand Pic de la Meije, qui est prise : longue bambée avec 1400 m de dénivelé effectuée sous une forte chaleur tandis que Charlotte et Fabienne se contentent du refuge du Chatelleret. Nous sommes 7 avec Aurore, Julie, Claudie, Anthony, Pascal et Christian à nous diriger au pied des grandes voies de la Tête de la Maye. Nous optons pour Gay Pied, l’une des plus faciles du secteur, développant 300 m pour 12 longueurs. Ayant sans difficulté trouvé l’attaque, c’est Pascal qui s’élance dans la première longueur cotée 5b, un ressaut noir et vertical d’une quarantaine de mètres négocié avec facilité, puis arrivé au relais ordonne à Christian, son second attitré, de le rejoindre. Je donne les dernières consignes à Aurore et Julie avec qui nous allons monter en flèche puis commence à gravir cette longueur peu engageante : finalement c’est une belle longueur soutenue avec 2 ou 3 rétablissements entre les points qui donnent quelques frissons et je rejoins Pascal au relais qui assure Christian parti dans la deuxième longueur plus facile. Je fais venir Aurore suivie à quelques mètres de Julie pour qui cette première longueur a été un excellent baptême du feu. Le temps de donner quelques explications à mes coéquipières sur la confection d’un relais, l’assurage d’un premier ou d’un second, voici qu’Anthony, encordé avec Claudie, ne va pas tarder à en finir avec cette longueur. Il est temps de repartir pour lui laisser un peu de place et suite aux 2 ou 3 longueurs suivantes passées devant, je propose à Aurore puis à Julie pour le dernier tiers de la voie, de prendre la tête de la cordée pour qu’elles se familiarisent avec l’enchainement des longueurs et la préparation du relais. Anthony et Claudie qui progressent en réversible nous suivent et vers 14 heures nous rejoignons Pascal et Christian au sommet de la voie à quelques mètres du sentier de descente. Retour rapide au camping où nous attendent 3 cafistes de Vesoul : Daniel, le vice-président aux activités et à la formation du Comité Régional et Georges accompagné de son petit-fils Noa âgé de 13 ans. Un peu plus tard arrive Aurélie du CAF de Chalon sur Saône et s’ensuit le même rituel : apéro, repas et mise en place des activités du lendemain.

Compte-tenu des efforts des premiers jours, c’est matinée « farniente » pour certains et sur l’initiative de Charlotte une séquence rafting est proposée l’après-midi. Ils sont 10 à s’aventurer sur 2 bateaux : Aurore, Caroline, Charlotte, Julie et Anthony sur le premier, Anne-Laure, Claire, Bruno-Xavier, Olivier et Quentin sur le second. A les entendre au retour, belle rigolade dans les remous du Vénéon entre Saint-Christophe en Oisans et le barrage du Plan du Lac. Pour ma part je propose une randonnée en boucle dans le cirque du Soreiller à laquelle participent Aurélie, Claudie, Daniel, Georges et Noa : au départ des Etages il s’agit d’accéder au refuge du Soreiller par la Combe d’Amont puis après avoir atteint un collu à l’ouest du refuge, redescendre par la Combe d’en Bas, un vallon parallèle à celui emprunté à la montée. En 2 heures et demie nous atteignons le refuge au pied de l’aiguille Dibona dans la face de laquelle s’activent encore quelques cordées avant de nous diriger 150 mètres plus haut vers le col culminant à 2850 m qui sépare les 2 combes : endroit idéal pour pique-niquer entourés à notre gauche de la Tête du Rouget et du Pic Gény, derrière nous des Aiguilles du Soreiller et à notre droite de l’Aiguille du Plat de la Selle. La première partie de la descente est matérialisée par des cairns dans un pierrier, portion assez fastidieuse avant de rejoindre vers 2550 m un sentier assez étroit sur lequel Noa trébuche. Un mauvais coup au genou et les 1000 mètres restants pour rejoindre les Etages sont compliqués pour lui ce qui nous vaut un retour plus tardif que prévu au camping où nous croisons Magali et Manon, sa fille de 15 ans, toutes 2 adhérentes au CAF de Dijon et à qui nous proposons de nous rejoindre au moment de l’apéritif traditionnel.

Pour mercredi et jeudi de cette première semaine une sortie alpinisme au Mont Gioberney est proposée : montée au refuge de la Pilatte le mercredi après-midi et ascension du sommet le lendemain par la voie normale. C’est une course facile si bien qu’un groupe conséquent de 16 personnes se forme : Anne-Laure, Aurélie, Aurore, Caroline, Claudie, Fabienne et Julie accompagnées de Anthony, Christian, Daniel, Georges, Jean-Christophe, Jean-Marie, Noa, Pascal et moi-même. Pour occuper la matinée je suggère de nous rendre à nouveau à la Grande Rochaille pour taquiner une nouvelle fois le rocher : Julie et Jean-Marie forme une première cordée réversible qui se lance dans la voie Histoire sans Fin, Aurélie et Claudia s’attèle à la Voie des Pins tandis qu’avec Magali et Manon en second je m’engage dans la voie dénommée Le Premier Voyage du Toons dont la dernière longueur se termine par un bon dièdre athlétique en 5a. Arrivés au sommet de nos voies respectives je propose que nous redescendions tous par le rappel en fil d’araignée situé dans la gorge surplombante qui sépare la face en 2 parties : quelques minutes sont nécessaires pour trouver la chaine du relais et une fois les cordes nouées et lancées je m’élance le premier. Le départ n’est pas très aisé et après quelques mètres les pieds appuyés contre la paroi on se retrouve sous le surplomb, tournoyant dans le vide tel une araignée pendue au bout de son fil, pour retrouver le sol 30 mètres plus bas. A tour de rôle mes compagnons s’élancent, pour beaucoup c’est une première expérience dans ce genre d’exercice et Manon se souviendra longtemps de la difficulté à desserrer un Machard bloqué par mégarde lorsqu’il est placé au-dessus du descendeur. Lorsque nous revenons au camping Fabienne, Daniel, Jean-Christophe, Georges et Noa sont déjà en route pour le refuge de la Pilatte mais malheureusement nous voyons revenir Georges et Noa dont la blessure de la veille les contraint à renoncer à la course. Il est environ 14 heures lorsque le restant du groupe s’élance vers le refuge : une première partie du trajet se déroule en faux plat le long du Vénéon sur environ 8 km suivie d’une montée raide pour les 400 derniers mètres de dénivelé pour lesquels nous sommes obligés de presser le pas, l’orage se faisant menaçant. Par chance nous essuyons seulement quelques gouttes, la barrière formée par l’imposante Ailefroide ayant stoppé ses velléités. Il n’en sera pas de même sur l’est du massif car nous apprendrons par la suite que de fortes précipitations ont contraint les organisateurs du Tour de France a abrégé une étape et que des coulées de boue se sont produites sur la route de La Grave, la rendant impraticable pendant 48 heures.

Jeudi, après un réveil fort matinal, nous partons à la lueur de nos frontales en direction du sommet convoité. La première partie du parcours est matérialisée par de nombreux cairns avant d’atteindre vers 3100 m ce qui reste du glacier du Gioberney. Il faut néanmoins chausser les crampons et les cordées composées la veille se mettent en place pour rapidement se diriger vers le col du Gioberney où débute l’arête rocheuse qui conduit au sommet sans difficultés majeures, si ce n’est les quelques pierres branlantes qu’il faut éviter de balancer sur les cordées suivantes. Après les congratulations d’usage, la descente s’effectue par le même itinéraire, celle envisagée un temps par le glacier du Says, permettant de faire une boucle, ne s’avère plus du tout praticable. De retour au refuge vers 10h30, nous faisons une courte pause avant de reprendre chacun plus ou moins à son rythme la direction de La Bérarde. Pause casse-croûte aux abords du refuge du Carrelet où avec Jean-Christophe, nous nous approchons d’un employé du parc des Ecrins qui donne, maquettes à l’appui, quelques explications sur la faune locale : empreintes de mammifères telles celles des chamois, bouquetins, renards ou loups, silhouettes d’oiseaux en particulier rapaces carnassiers, rapaces charognards ou gypaètes barbus, le plus grand vautour d’Europe qui se nourrit exclusivement d’os et de ligaments. Quelques nouvelles têtes arrivent au camping, Chantal et Pascal de Morteau, Mathilde de Lons le Saunier ainsi que Claire et Roland du CAF de Besançon qui comme l’an passé sont accompagnés de leur petite chienne Jazzie. Nous apprenons par ailleurs que Alain le président du CAF de Dijon ainsi que Yvan du CAF Haut-Doubs sont arrivés la veille mais sont déjà repartis avec Magali et Manon pour 2 jours dans le massif du Soreiller afin effectuer l’ascension de l’Aiguille Centrale éponyme puis celle de la Dibona le lendemain.

Outre ces 4 personnes guidées par Alain à la Dibona, de nombreuses activités sont recensées pour cet ultime vendredi de juillet.  Fabienne conduit un groupe composé de Chantal, Noa, Claire avec sa chienne pour une randonnée paisible et hors parc du côté du refuge de l’Alpe du Pin au départ de Champhorent, découvrant au passage les belles cascades de Froide Pisse et de Mariande. Jean-Christophe propose à Anne-Laure, Aurore, Mathilde et Pascal de parcourir la longue moraine de Bonnepierre avec ses magnifiques parterres de fleurs alpines qui embellissent les cailloux. Nous sommes 10 à nous rendre au bas des grandes voies d’escalade de la Tête de la Maye : Jean-Marie associé à Roland et Daniel encordé avec Georges se dirigent vers l’attaque de la voie Gay Pied que nous avons parcourue il y a quelques jours tandis que faisant équipe en réversible avec Claudie nous entreprenons la voie Pujolidal, suivis par la cordée Julie-Anthony et la cordée Pascal-Christian. Nous enchainons rapidement les 4 premières longueurs faciles puis c’est au tour de Claudie de s’atteler à la première vraie difficulté, une longue section cotée 5b+ qu’elle franchit avec aisance. Parti en second j’attends Julie qui fait des prouesses en tête pour lui donner quelques conseils et lui laisser parfois une dégaine dans le point protégeant les pas les plus corsés : mais les progrès sont là et il ne lui manquent plus qu’un peu plus de confiance dans l’adhérence des chaussons sur le granite pour rivaliser avec les bouquetins. A une nouvelle longueur en 5b en succèdent 2 de transition nous conduisant au pied de la section la plus belle de la voie comprenant, 2 magnifiques longueurs en 5b puis un splendide dièdre en Dülfer coté 5c que je dois passer en tête. Une petite « zipette » sur un rétablissement à faire me vaut une égratignure au coude et à la deuxième tentative, ayant modifié le placement de mon pied gauche, je sors de ce mauvais pas pour accéder au niveau inférieur du dièdre. Pieds bien à plat en adhérence sur la dalle, mains en opposition sur l’autre côté du dièdre il faut progresser par petit pas tout en économisant un maximum les bras mais plus facile à dire qu’à faire, si bien que de grosses gouttes de sueur dégoulinent sous mon casque lorsque j’atteins le relais. Claudie me rejoint et enchaîne la dernière longueur de la voie, c’est au tour de Julie suivie d’Anthony d’en finir tandis que Pascal et Christian choisissent une variante de sortie en dalle évitant le dièdre puis nous rejoignons les 2 autres cordées débouchant au sommet de la voie Gay Pied et redescendons tous ensemble par le sentier habituel.

Une perturbation orageuse est annoncée pour samedi après-midi et la pluie devrait se prolonger jusque dans la matinée du lendemain ce qui nous force à réduire la voilure. Après que Julie, Jean-Christophe, Fabienne et Jean-Marie décident de nous quitter avec regret, Aurélie, Caroline, Charlotte, Bruno-Xavier et Quentin l’ayant déjà fait les jours précédents, j’envisage une petite escapade dans le vallon des Etages à laquelle Chantal, Claudie, Mathilde, Daniel et Pascal s’associent. Arrivés presque à mi-parcours, l’orage s’avère un peu en avance sur l’horaire prévu si bien que nous sommes vite contraints de faire demi-tour mais fort heureusement un gros rocher salvateur nous met à l’abri d’une pluie torrentielle. Nous y restons presque une heure puis la pluie s’étant passablement calmée vers midi, nous pouvons nous remettre en jambes pour rejoindre le camping sans être trop mouillés. Il s’ensuit un après-midi tranquille au cours duquel s’échelonnent de nouvelles arrivées : Anne-Cécile du CAF de Besançon, Hélène et Philippe de Vesoul, la famille Hanrot au complet de Varappe et Montagne avec Hélène, Matthias et leurs 2 enfants Ulysse et Charlie, Laurent du CAF de Pau, de son patronyme Jalabert, mais rien à voir avec l’ancien coureur cycliste, candidat à l’une des 2 UF planifiées pour la semaine prochaine.

Les averses, nombreuses durant la nuit, persistent toute cette matinée dominicale et c’est seulement en début d’après-midi qu’avec les premières éclaircies nous pouvons envisager quelques activités. Le rocher ayant vite séché, plusieurs personnes se dirigent vers les petites falaises à 10 minutes du camping pour aligner quelques couennes tandis que, accompagné par Anne-Cécile et Laurent qui évolueront en binôme autonome, je propose à Mathilde et à Pascal, toujours du côté de la Grande Rochaille, une initiation en grande voie : d’abord pas très rassurée aux relais intermédiaires, Mathilde vainc son appréhension pour les 2 longs rappels qui nous ramènent sur le plancher des vaches. De retour au camp de base l’affluence attendue ce week-end se matérialise  si bien qu’en l’espace d’un après-midi nous allons quasi doubler le nombre de participants : une quinzaine d’adhérents de Dijon, Christiane et Jean-Baptiste de Vesoul qui ont également invité Christine et Jean-Pierre, leurs amis du CAF de Strasbourg, Cyrielle et Alexandre du Creusot, Béatrice et Thomas des Vosges Saônoises, Laure-Anne, Jean-Marc, Yves et sa fille Agathe de Lons le Saunier, Edit, Jérémy, Julien et Manu de Morteau, Frédéric le seul représentant de Pays de Montbéliard ainsi que Philippe du CAF de Belfort, instructeur et DTT Alpinisme au sein du Comité Régional. Il y a beaucoup d’animations autour des tables pour le « moment apéritif » ce qui n’empêche pas la mise en place du programme du lendemain : de l’escalade en grandes voies et des randonnées pédestres comme il y en a eu tous les jours, une course d’arête au Bec du Canard via le refuge de la Lavey, une sortie alpinisme que je propose au Pic Coolidge et une via ferrata à Saint-Christophe encadrée par Edit. De leur côté Daniel et les 2 Philippe réunissent les 10 candidats à UF « vers l’autonomie en progression sur terrain glaciaire » pour préparer les 2 jours de formation imposés : le départ est fixé le lendemain à 6 heures de sorte à pouvoir se rendre au refuge de la Selle, d’effectuer quelques exercices sur le glacier avoisinant puis le jour suivant, d’envisager une course d’application au sommet Est du Râteau par la voie normale.

Un peu d’escalade en compagnie de Anne-Cécile me permet de commencer sereinement cette nouvelle journée avant de confirmer notre venue au refuge Temple-Ecrins : nous sommes à présent 11, Christiane et Jean-Baptiste étant venus s’ajouter au groupe de départ composé de Anne-Cécile, Hélène, Manu, Pascal ainsi que de la famille Hanrot. A 14h00 toute l’équipe est prête à s’élancer y compris Ulysse, 11ans, et Charlie, 7 ans, équipés comme des pros par leurs parents et qui donneront la cadence tout au long de l’ascension. Quelque 3 heures plus tard nous sommes accueillis par Marie, la gardienne, qui nous installe dans un des dortoirs de son bâtiment fraichement rénové et en nous recommandant de bien laisser la fenêtre ouverte durant toute la nuit. La bière traditionnelle, un repas copieux suivi d’une participation à la vaisselle, c’est à présent l’heure de s’étendre dans nos couchettes pour espérer y trouver un sommeil réparateur, le petit déjeuner étant programmé à 4h00 et la prochaine journée s’annonçant bien longue.

Clothilde est à nos petits soins pour veiller à ce que nous ne manquons de rien pour ce repas bien matinal et, parfaitement rassasiés, nous quittons le refuge vers 5h00 pour nous diriger vers le Col de la Temple, point de passage obligé de notre course perché à 3300 m. Un bon sentier jusque vers 2900 m suivi d’un pierrier laborieux et d’un court névé nécessitant l’usage des crampons nous permettent d’atteindre le col en ayant déjà dépensé pas mal d’énergie pour certains de sorte que nous ne sommes plus que 6 à prétendre nous engager sur les vires et l’arête qui nous séparent du sommet. Alors que le restant du groupe se prépare à redescendre dans la vallée, nous formons les 2 cordées, Matthias, Manu avec le jeune Ulysse pour la première et composant la seconde avec Hélène et Anne-Cécile. Quelques sangles et friends judicieusement placés permettent aux deux cordées de progresser avec sécurité et d’atteindre vers midi  l’objectif convoité : encore bravo à Ulysse, qui a 11 ans, ajoute à son palmarès un sommet de presque 3800 m. La descente jusqu’au col effectuée en prenant les mêmes précautions, nous pouvons nous libérer des cordes pour, chacun plus ou moins à son rythme, terminer cette longue journée sans problème majeur. Mais il n’en a pas été de même lors de la course au Bec du Canard car nous apprenons, en arrivant au camp de base, qu’un participant s’est luxé une épaule nécessitant l’intervention des secours pour l’évacuer par les airs vers l’hôpital de Grenoble. C’est aussi vers 19h00 le retour des stagiaires de l’UF « vers l’autonomie en progression sur terrain glaciaire » après 2 longues journées fort harassantes : tout s’est bien passé sauf pour l’un d’eux qui a dû interrompre le stage dès la première journée en raison de problèmes de santé. Quelques mouvements de personnes ont eu lieu pendant ces 2 dernières journées : Anne-Laure, Aurore, non sans avoir approché la Meije lors de sa dernière journée comme elle y tenait tant, Mathilde, Claire et Roland ont quitté le camp, compensé par les arrivées de Arnaud, Chantal et Jean du CAF de Lons le Saunier ainsi que de celles de Alika et Etienne du CAF Haut-Doubs.

Mercredi 31 Juillet, Daniel devait préparer la deuxième UF prévue – Vers l’autonomie en TM et assurage en mouvement – mais malheureusement un grave problème familial le contraint de rentrer rapidement en Haute-Saône si bien qu’à notre grand regret, nous prenons la décision d’annuler la formation. La météo étant toujours aussi clémente les activités se multiplient : par exemple la via ferrata du Clos de la Mine à La Grave pour Edit, Jean-Marc, Laurent et Pascal faire, une randonnée dans le vallon de Mariande pour Christine accompagnée de 3 personnes, la montée au refuge du Pavé pour Nathalie et d’autres cafistes de Dijon en vue de l’ascension le lendemain du Pic Nord des Cavales par son arête S. Pour ma part je propose à Anne-Cécile la voie Pujolidal à la Tête de la Maye que j’avais parcourue avec Claudie la première semaine du camp. Commençant à connaître son niveau je la crois fort capable tout en y trouvant du plaisir à grimper soit en tête dans les longueurs les plus faciles soit en second dans celles plus ardues. Arrivés au pied de la voie 2 cafistes lédoniens sont déjà à pied d’œuvre, en l’occurrence Laure-Anne et Yves que nous allons régulièrement rejoindre à chaque relais. Nous effectuons les 4 premières longueurs en réversible, je m’attèle aux 2 suivantes cotées 5b+ et 5b puis reprenons votre progression en réversible pour la partie médiane de la voie. Grand moment de solitude et de panique pour Anne-Cécile quand après avoir manqué une plaquette elle se retrouve 7 à 8 mètres au-dessus du dernier point : fort heureusement Laure-Anne depuis le relais suivant trouve les mots pour l’encourager et pour la sortir de ce mauvais pas. Je passe les 4 dernières longueurs en tête avec à nouveau le fameux dièdre en 5c, Anne-Cécile peut enfin ôter ses chaussons, ses pieds commençant à la faire horriblement souffrir, puis nous rejoignons Laure-Anne et Yves qui nous attendent au niveau du sentier de descente. Pour une raison qui m’est propre, quelques bulles, rafraichies toute la journée dans le Vénéon, vont agrémenter l’apéritif du soir au cours duquel nous avons le plaisir d’accueillir Guillaume du CAF de Besançon et 4 filles du Groupe Régional d’Alpinisme Féminin à savoir, Florence de Besançon, Florie de Varappe et Montagne, Léa des Vosges Saônoises et Manuela du Buc Alpin. Elles s’ajoutent à Emilie de Dijon et à Hélène de Varappe et Montagne, pour le lendemain avec Alika, leur mentor, monter en refuge en vue de passer quelques jours dans le massif du Soreiller à compléter leur formation.

Jeudi, matinée reposante pour Anne-Cécile qui, allongée dans un hamac, se plonge dans un livre de François Cheng dont elle me fera part de quelques extraits plus tard en particulier celui-ci : « La vertu que l’on décèle dans les rochers, ici comme en Chine, doit être la même : dépourvus de tout ornement, ils incarnent l’esprit de pureté et de dépouillement ». Etant donné que nous avons prévu avec elle et Guillaume de nous rendre au refuge du Chatelleret dans l’après-midi pour gravir le lendemain la Tête Nord du Replat par son arête SE, je propose à Guillaume de faire un peu d’escalade, à nouveau à la Grande Rochaille car il reste une voie que je n’ai pas encore eu l’occasion de parcourir, le Pilier de la Gorge : une voie de 5 longueurs, la quatrième étant cotée 5b, que nous déroulons sans problème en réversible, pour ensuite la redescendre en 3 longs rappels. Après un rapide casse-croûte tardif nous prenons tranquillement le chemin du refuge, picorant au passage quelques myrtilles et croisant un groupe conduit par Chantal qui revient du Promontoire. Pendant le repas, terminé par une rasade de génépi offerte par le gardien, nous côtoyons 2 personnes qui reviennent du sommet que nous envisageons ce qui nous permet d’obtenir les dernières informations concernant les conditions de course : une longue marche d’approche bien balisées par des cairns, une arête en bon rocher facilement protégeable, piolet et crampons nécessaires pour, à la descente, rejoindre le col du Replat versant vallon de la Selle. 

Il est 3h45 lorsque je me lève pour vérifier si les conditions météo permettent que nous partions : une épaisse couverture nuageuse dissimule la voûte céleste mais pas de précipitations donc a priori rien ne s’oppose à ce que je réveille mes deux comparses. Nous sommes les seuls à nous lever si tôt et après un rapide petit déjeuner préparé la veille par le gardien, nous démarrons notre périple par un bon sentier qui va nous conduire rapidement à 2800 m, juste à l’aplomb de l’Aiguille de la Gandolière. Le jour s’est levé, le soleil commence à faire de timides apparitions à travers les nuages facilitant la recherche de l’itinéraire : plus de sentier mais un dédale de cailloux dans lequel les cairns sont les bienvenus. Il est 8h00 lorsque nous arrivons au pied de l’arête SE de la Tête Nord du Replat, avec encore quelques nuages qui passent de part et d’autre des crêtes, et après 2 heures d’escalade facile nous débouchons au sommet avec une vue plongeante sur le vallon de la Selle, barré au nord par le Râteau. Nous passons quelques minutes à faire un tour d’horizon des sommets allant de la Meije à l’Ailefroide en passant par la Barre des Ecrins puis quelques pas de désescalade nous permettent de rejoindre une brèche donnant accès, via un parcours scabreux sur des pierres instables, au glacier de la Selle : les crampons et le piolet s’avèrent bien utiles pour traverser avec précaution cette pente à 40° en glace vive et c’est avec un grand soulagement que nous prenons pied sur le névé en contrebas du col du Replat. Le col franchi, nous pouvons ôter les crampons pour descendre, encore assurés, la cinquantaine de mètres qui nous sépare du pierrier par lequel nous allons rejoindre cahin caha le sentier de la Gandolière menant au refuge que nous avions quitté avant l’aube. Après avoir informé le gardien de notre retour, nous reprenons la direction de la Bérarde où nous allons clore cette longue journée dans un restaurant en compagnie de Chantal et de Jean.

Un bilan très positif ce second camp de la nouvelle région : quelque 100 personnes provenant de 12 clubs de la région avec 3 d’entre eux particulièrement bien représentés, Dijon, Lons le Saunier, Varappe et Montagne totalisant plus de la moitié des participants, une excellente météo facilitant des activités variées dans un cadre magnifique, une bonne ambiance favorisant de nombreux échanges et partages entre gens passionnés et sympathiques.

Merci à toutes et tous ainsi qu’à Sandra et Romain pour leur accueil chaleureux au camping municipal de la Bérarde.

A l’année prochaine.

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