Témoignage

2026-07-13 Camp d'été : les Arêtes de la Bruyère, ma première traversée

Le 13/07/2026 par Bruno Defranoux

Après l’école d’escalade, Serge m’a proposé la traversée des Arêtes de la Bruyère (2611 m). Euphorique et non sans une certaine appréhension, j’ai répondu présent. Cette course est une « grande classique d’alpinisme et de randonnée du vertige » située dans le massif des Cerces. Depuis le Pont de l’Alpe, après avoir traversé l’alpage du Lauzet et monté au col via des câbles, nous atteignons le nord de l’arête. Environ 600 m de dénivelé pour atteindre le pied de la voie, avec le matériel et la corde (ce n’est pas de la rando), je pique une belle suée. Nous ferons 2 cordées, Anne-Cécile et Serge, suivi de Maryse, ma première de cordée et moi-même.

La première longueur qui est patinée n’est pas très rassurante mais passé cette difficulté je me libère, l’escalade en III+/IV est à ma portée. La roche est saine et les chaussons adhèrent correctement. Nous avons une vue plongeante sur la Guisane et nous surplombons le vallon où nous sommes passés le matin, c’est la verticalité : les chevaux et vaches sont tout petits et nous distinguons à peine les randonneurs. Les manœuvres de corde sont fluides, nous avons bien calé la communication au départ. Nous atteignons le second gendarme. Nous enchaînons par une arête étroite : c’est l’horizontalité avec le vide de chaque côté, il faut lâcher les mains et trouver l’équilibre.

Ensuite avec le contournement de pilier, les descentes, les traversées et l’éloignement la communication devient plus difficile, il faut interpréter les mouvements de la corde. Celle-ci devient de plus en plus difficile à avaler avec les frottements et les renvois des points d’assurage. Je crie « Avale, Avale », la corde se tend lentement… « Avale avale » je n’entends pas le « C’est bon » après mon « Bout de corde »… Après quelques minutes d’attente, je crie « Parti » et après quelques pas la corde se tend, me voilà à nouveau en confiance. Je rejoins Maryse qui attend au premier rappel avec Anne-Cécile. Nous nous retrouvons tous au bas du premier pilier. Tout le monde est serein, c’est rassurant.

Serge repart pour le deuxième pilier tandis que nous papotons vachés. Puis c’est au tour d’Anne-Cécile suivie de près par Maryse. Les longueurs s’enchaînent au fil des heures de la journée que nous ne voyons pas passer. La montre est au fond du sac ! Au deuxième rappel, nous nous faisons dépasser par 2 cordées…  Les longueurs s’enchaînent. Avec le Grand Galibier, les Écrins, les lacs, je profite du paysage, du vide, du sentiment de plénitude que me procure la haute montagne. En fin de journée, nous voilà arrivés à la fin de l’arête. Nous rejoignons un plateau herbeux corde tendue après avoir pris des anneaux de buste.

Après une petite descente et un dernier rappel de 25 m, nous rejoignons désencordés le refuge du Clos des Vaches au milieu des édelweiss et autres fleurs magnifiques. Dans un dernier effort et prudemment, nous rejoignons le Lauzet et le parking. Nous sommes attendus au camping où nous arrivons à 19h30, après être partis à 7h30. Fatigué et ravi de cette expérience, je tiens à remercier Serge pour son invitation et pour nous avoir guidé, Maryse pour m’avoir (r)assuré et Anne-Cécile pour sa bonne humeur. Vite au lit, je dois me reposer, demain je repars pour l’Éperon de la Route.







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