Témoignage

2026-07-16 Camp d'été : l'arête Sud du Pic Nord des Cavales

Le 16/07/2026 par Élisabeth Pasteur

Le programme proposé par Serge est simple : premier jour montée au refuge du Pavé et le lendemain ascension du Pic Nord des Cavales par l’arête Sud puis retour au camping. Il cherche un ou une quatrième. Cela me parait dans mes cordes et j’accepte la proposition avec grand plaisir. 

C’est donc le cœur léger et le sac alourdi par le matériel, les cordes que nous sommes partis de bon matin afin d’éviter les orages. Des cafistes qui revenaient du Pavé nous avaient prévenus : « c’est beau mais c’est une bavante ». Effectivement, la montée au refuge est belle, même très belle ! 

Après le Pas d’Anna Falque, nous découvrons, le magnifique vallon où la Romanche serpente en formant par moment de belles vasques bleues. À l’entrée du parc des Écrins, nous faisons une pause bien méritée au Plan de Valfourche pour observer notre objectif du lendemain. Nous quittons la Romanche pour suivre désormais le Clot des Cavales. Le chemin s’incline et se fait pierreux. Une belle moraine glacière, qui parait d’ores et déjà bien « casse-pattes », nous attend. Pour terminer la montée au Pavé, nous devons parvenir au sommet d’une paroi où nous avons du mal à imaginer un chemin pour humain. Pourtant arrivés au pied, nous devinons les câbles qui vont guider notre progression vers le refuge. Nous devons accélérer car un vent fort se lève et les nuages qui s’amoncellent ne nous disent rien qui vaille. L’orage nous cueillera au sommet du passage câblé alors que nous sommes à proximité du refuge. La fin de l’après-midi, de nouveau ensoleillée mais toujours venteuse, nous permet de découvrir : le lac du Pavé encore pris par la glace et les parois du Clos des Cavales qui barrent le vallon. Magnifique ! Après le repas nous relisons le topo et organisons la journée du lendemain : départ à 5h30 pour éviter les orages annoncés, première cordée Serge et moi-même, deuxième cordée Maryse et Jeanne-Marie. 

À l’aube, nous voilà lancés dans la marche d’approche. Le premier rayon de soleil illumine le Pic Nord des Cavales. Nous terminons de nous équiper au pied de la voie normale, faisons signe à une cordée de cafistes qui se lance dans une voie plus technique (Anne-Laure et Louis visant Trafic) et nous voilà partis. Serge ouvre le chemin. Le rocher est beau, un beau granit compact et l’escalade facile. Cela me rassure. Nous faisons la première longueur corde tendue. Arrivés à une brèche, un vent fort nous cueille. Serge me tranquillise : « j’aime bien le vent ». Pour ma part, cela m’impressionne d’autant que nous devons maintenant nous positionner sur le fil de l’arête pour contourner un ressaut. Les vires nous mènent à un gendarme « caractéristique ». Un regard en arrière me permet de voir le chemin parcouru. C’est impressionnant. Nous avons rapidement pris de la hauteur. Cette sensation est renforcée car nous avons une vision sur le vallon des Cavales et sur celui des Etançons. Les cannelures succèdent aux vires. Mes doigts se refroidissent et je suis contente d’avoir pensé à prendre des mitaines. Difficile d’imaginer que chez nous à Besançon il fait 36°C ! Au sommet, c’est grandiose. Nous dominons les vallons et découvrons la face Sud de la Meije. Serge m’indique le refuge du Promontoire, le Grand Pic, le Râteau, la Grande Ruine et d’autres encore. 

Nous ne nous attardons pas car le chemin est encore long et le vent vraiment frisquet. La descente mélange passages en désescalade et rappels. Nous nous accordons une pause déjeuner en bas de la voie au soleil, à l’abri du vent. Puis nous nous lançons dans le retour au camping que nous imaginons déjà long. Celui-ci sera rallongé car un orage soudain se profile. Un peu plus avancée, je trouve refuge au Pavé juste à temps mais mes compagnons se font mouillés, voire rincés !  Nous attendons au sec le passage du grain puis reprenons notre route : passage câblé, moraine, chemin empierré. Nous découvrons ensuite la partie « bavante » de notre programme… 

C’est donc les pieds fatigués, mais tellement heureux que nous sommes de retour au camping. Le traditionnel apéritif du camp d’été sera l’occasion de raconter, de revivre et de partager ces 2 belles journées. 

Merci à mes 3 compagnons de cordées.







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